Les personnes hypersensibles et surdouées ont souvent le sentiment de ne pas être à leur place, d’être complètement à côté de la plaque. Lorsqu’elles découvrent leur mode de fonctionnement et comprennent qu’elles ont des besoins différents, nombre d’entre elles me disent “j’ai enfin compris que je ne suis pas folle (fou)”. Nous vivons le sentiment de décalage lorsque nous nous sentons différents des autres, comme si nous venions d’une autre planète. Ce sentiment nous renvoie à nos blessures et réactive des masques que nous portons pour nous protéger.
Il en existe 5 : le rejet, l’abandon, l’humiliation, la trahison et l’injustice. Je vous propose de les explorer sous l’angle de l’hypersensibilité :

La blessure de rejet (le masque du fuyant)

Lorsque nous avons peur de ne pas avoir de place, de ne pas être accepté tel que nous sommes, de ne pas exister, nous évitons le contact. La peur d’être rejeté et coupé de liens peut-être énorme au point que nous préférons parfois ne pas être relation.  Par ailleurs, les personnes très sensibles ont tendance à interpréter tout ce qu’elles ressentent, ce qu’elles observent et peuvent fuir des situations parce qu’elles croient qu’elles sont rejetées. Demandez-vous jusqu’où vous rejetez la personne en face de vous ? En considérant qu’elle n’a rien compris, qu’elle n’est pas assez rapide ou intelligente par exemple. Jusqu’où choisissez-vous inconsciemment de ne pas faire partie de tel ou tel cercle, de ne pas aller à tel endroit ou fête ?

 

La blessure d’abandon (le masque du dépendant) 

Lorsque nous avons peur de ne pas savoir nous débrouiller par nous-mêmes parce que nous pensons que nous n’allons pas y arriver seul(e), nous cherchons à l’extérieur ce que nous avons pourtant à l’intérieur de nous. Nous avons besoin d’être rassurés à travers le regard de l’autre, son soutien et son engagement à être là pour nous. Quand l’hypersensibilité s’en mêle, la peur peut se transformer en angoisse. Cela traduit un vide intérieur que nous cherchons à combler à travers des moyens tels que la plainte, le besoin d’être rassuré par l’autre. Prenez le temps d’observer : à quel moment essayez-vous d’accaparer l’autre pour qu’il vienne vous sauver , de lui expliquer combien c’est difficile de ressentir avec tant de sensibilité ? Je vous invite également à revisiter votre expérience de vie pour retrouver situations dans lesquelles vous avez assuré seul(e).

 

La blessure d’humiliation (le masque du masochiste) 

Cette blessure s’active lorsque nous nous sentons contraint, non respecté, abusé et parfois humilié.  Nous avons l’impression de ne plus pouvoir être nous-même si nous voulons être aimé. Nous nous sur-adaptons pour obtenir de la reconnaissance de l’autre, nous faisons bonne figure et n’osons pas dire “non”. En quand notre hypersensibilité prend le dessus nous pouvons avoir tendance à nous protéger pour ne pas montrer notre vulnérabilité, ne pas exprimer notre souffrance. Pour certains, montrer ses émotions ou sa spontanéité devient dangereux, c’est le risque d’être humilié. Parfois, il se peut que nous arrivions à nous convaincre que l’autre a de bonnes raisons d’agir de la sorte (par exemple parce qu’il a lui-même souffert) et nous oublions de prendre notre place sous prétexte que nous sommes une personne emphatique par exemple. Je vous invite à observer à quel moment les besoins des autres deviennent plus importants que les vôtres au point de vous oublier. Prenez le temps de ressentir ce qui se passe dans votre corps à ce moment-là.

 

La blessure de trahison (le masque du contrôlant) 

Contrôle quand tu nous tiens et nous coinces … cette grande peur de lâcher ! Cette blessure s’active lorsque nous nous sommes senti trompés, manipulés et trahis alors que nous avions fait confiance à la personne en face de nous. Tous les moyens sont bons pour continuer à ce se rassurer en contrôlant : plus la peur est intense, moins nous avons le sentiment d’avoir de la valeur, plus nous avons la capacité de manipuler. J’entends souvent les personnes avec qui je travaille me dire “moi je ne veux pas manipuler” tant cette vision de soi est difficile à accepter. Et pourtant, nous mettons tous en place des stratégies pour aller plus vite, plus facilement là où nous voulons aller. Et en tant que personnes sensibles, nous avons peut-être besoin plus encore de “contrôler” notre vie pour garder le cap. C’est du moins ce que nous pensons. Je vous invite à observer jusqu’où vous voulez avoir raison avec vos enfants par exemple et comment vous fonctionnez pour être certain que tout se passe bien (traduisez “comme vous le voulez”). Vous serez peut-être surpris de voir combien notre masque est présent au quotidien nous donnant ainsi un sentiment de (fausse) toute-puissance. 😉

 

La blessure d’injustice (le masque du rigide) 

Perfectionnisme quand tu nous tiens, tu nous étouffes et nous empêches de vivre. La peur de montrer qui nous sommes, d’être authentique et spontané nous fait porter le masque du rigide. Un masque qui ne laisse plus de place au plaisir et à la vie. C’est de ce fameux masque dont je parle quand je dis que nous portons un costume qui ne nous ressemble pas, nous jouons un rôle : celui de la personne parfaite à qui on ne peut rien reprocher et qui sera appréciée pour ce qu’elle fait et ce qu’elle représente. C’est un masque souvent porté par les personnes sensibles qui essaient ainsi de ne plus ressentir leurs émotions et de se couper de leur environnement. Une façon de mettre de la distance avec les autres. C’est aussi s’oublier, oublier de se connecter à l’énergie de la vie, à s’ouvrir à ce qu’elle nous apporte car nous nous contrôlons sur base d’une image que nous pensons idéale.  Demandez-vous jusqu’où vous vous autorisez à être vous-même en présence des autres ? Quand vous êtes seul(e) ? Quand avez-vous pris récemment le temps de vous relaxer et faire les choses par plaisir sans recherche de résultats ? C’est tout un chemin que d’explorer nos blessures, pas forcément confortable, mais indispensable pour avancer et pour se reconnecter à soi le coeur ouvert. Mais comment guérir me direz-vous ? Je crois que la première étape passe par la prise de conscience de nos mécanismes, des moments dans lesquels nous portons nos masques et de nous accueillir dans ces résistances. Prendre conscience ne guérit pas, mais est un premier pas sur ce chemin vers nous-mêmes. S’ensuit alors la possibilité de prendre du recul et de commencer à changer nos croyances et ainsi donc nos comportements vers une version plus aimante de nous même.

 

Pour en savoir plus sur le concept des 5 blessures: 
Wilhelm Reich (psychanalyste autrichien) est à l’origine du concept. Ses travaux ont été repris par ses disciples John Pierrakos (psychiatre américain) et Alexander Lowen (psychothérapeute américain), puis notamment par Lise Bourbeau qui a adapté le modèle avec sa vision. Thierry Janssen aborde de façon très fine ces blessures dans son ouvrage « Le travail d’une vie ».

 

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